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        Ce que nous sommes.....                                                                                                   Dernière mise à jour : 20/02/2017

 

 

La famine, arme des forts contre les faibles.

Si on voulait vraiment la preuve que la faim n’est pas un accident climatique ou je ne sais quelle fatalité qui pèserait sur des contrées abandonnées des dieux, il suffirait de regarder la carte des famines à venir. Dressée par l’économiste en chef du Programme alimentaire mondial, Arif Husain, cette carte est édifiante. Selon lui, 20 millions de personnes risquent de mourir de faim dans quatre pays au cours des six prochains mois : le Yémen, le Nigéria, le Sud-Soudan et la Somalie. Or la cause majeure de cette insécurité alimentaire est politique. Quand elle n’a pas directement provoqué le chaos générateur du non-développement ou la rupture des approvisionnements, l’intervention étrangère a jeté de l’huile sur le feu. La guerre civile et le terrorisme y ont ruiné les structures étatiques, banalisant une violence endémique et provoquant l’exode des populations.

Au Yémen, les bombardements saoudiens, depuis mars 2015, ont généré un désastre humanitaire sans précédent. L’ONU s’alarme de la situation, mais c’est une résolution du conseil de sécurité qui a autorisé l’intervention militaire étrangère ! La fermeture de l’aéroport de Sanaa et l’embargo infligé par la coalition internationale ont privé la population de médicaments. Les stocks de blé baissent à vue d’œil. Les banques étrangères refusent les transactions financières avec les établissements locaux. 14 millions de personnes, soit 80 % de la population, ont besoin d’aide alimentaire, dont 2 millions sont en état d’urgence. 400 000 enfants souffrent de malnutrition. Jugée coupable de soutenir le mouvement houthi, la population yéménite est condamnée à mort. En fournissant son arsenal à Riyad, les puissances occidentales participent à ce crime de masse.

Au Nigéria, la situation chaotique dans laquelle est plongé le nord-est du pays gangrène toute la région. Des millions de personnes, fuyant les violences du groupe Boko Haram, s’entassent dans des camps de réfugiés. Totalement dépendants de l’aide humanitaire, ces populations « survivent par 50 °C, dans des huttes au toit de tôle, avec un point d’eau, des cuisines communes et un repas par jour », explique Arif Husain. Alimenté par la propagande saoudienne, le terrorisme défie aujourd’hui cet Etat, le plus peuplé du continent, qui comptera 440 millions d’habitants en 2050. Depuis la calamiteuse destruction de la Libye par l’OTAN, l’Afrique sub-saharienne est devenue le terrain de chasse préféré des djihadistes. La famine qui s’annonce est la conséquence directe de cette déstabilisation.

Au Sud-Soudan, la proclamation de l’indépendance, en 2011, a débouché sur une guerre civile où deux camps rivaux se disputent le contrôle des richesses énergétiques. Cet Etat sécessionniste, fragmenté, enclavé, coupé du nord auquel l’opposa une interminable guerre civile, est le fruit de la stratégie américaine. Cette création artificielle visait à contrecarrer l’influence du Soudan, inscrit de longue date sur la liste des « rogue states ». Porté sur les fonts baptismaux par Washington, qui a armé la guérilla sécessionniste de John Garang pendant 20 ans, le Sud-Soudan est aujourd’hui un champ de ruines. Depuis décembre 2013, plusieurs dizaines de milliers de personnes ont été tuées. 2,5 millions ont fui leurs foyers et près de 5 millions font face à une insécurité alimentaire « sans précédent », selon l’ONU. Pour les réclamations, prière de s’adresser aux néo-cons de Washington.

En Somalie, les aléas climatiques font peser la menace d’un nouveau désastre alimentaire. En 2011, la terrible famine consécutive à la sécheresse avait fait 260 000 morts. Cette vulnérabilité de l’agriculture vivrière reflète l’état de non-développement du pays, écartelé en une dizaine d’entités politiques rivales. Le règne sanglant des seigneurs de la guerre locaux, les interventions militaires étrangères (USA, Ethiopie, Kenya), l’influence croissante, sur fond de décomposition politique, de l’organisation islamiste radicale Al-Shabab, ont donné à ce pays l’indice de développement humain le plus faible de la planète. Depuis l’effondrement du régime marxiste de Syaad Barré en 1991, les structures étatiques se sont évanouies. L’économie est exsangue, le système éducatif délabré. La hausse des prix des denrées et la chute des revenus, aujourd’hui, font redouter le pire.

D’autres zones de tensions, hélas, suscitent l’inquiétude. Les conflits en cours en Syrie, en Irak, en Afghanistan, en Ukraine, en Libye, au Zimbabwe, bouleversent les conditions de vie et génèrent des flux migratoires. Certains pays, enfin, vivent dans une insécurité alimentaire chronique : la République démocratique du Congo, la République centrafricaine, le Burundi, le Mali, le Niger. Ce n’est pas un hasard si la plupart de ces pays sont en proie à la guerre civile, au terrorisme et à l’intervention militaire étrangère. Le désordre qui y sévit est d’abord de nature politique et géopolitique. Loin d’être une fatalité, il résulte de causes endogènes et exogènes identifiables. La famine ne tombe pas sur les damnés de la terre comme frappe la foudre. C’est l’arme des puissants pour écraser les faibles.

Bruno GUIGUE

Bilan raisonné de 1981 et de la présidence de François Mitterrand

Lecture utile d’une conférence de Jean-Luc Mélenchon...

Voici le texte de la conférence de JLM sur un "bilan raisonné de 1981". Le texte, transcrit de la vidéo, est long, la prise de note n’est pas parfaite et de nombreuses corrections seraient nécessaires. Il peut se glisser quelques erreurs d’écoute... Mais sauf erreur, le texte de cette conférence n’a pas été publié.

Cette conférence est éclairante. Elle est un discours construit et argumenté, une lecture originale de l’histoire, quand tant de discours politiques se réduisent à l’actualité et aux affaires. Elle nous parle de cette histoire qui nous a conduit à l’impasse d’une gauche "plus rien" en 2017, histoire relue par un de ses acteurs, qui explique comment il en a tiré des leçons. Elle précise clairement la trajectoire personnelle de JLM. Avec ce bilan raisonné, JLM se présente en quelque sorte comme le vrai continuateur du Mitterrand de 1972, un Mitterrand qui face au mur de l’argent, aurait été débordé par la droite d’un parti socialiste incapable de faire appel au peuple en 1983.

Elle confirme que pour les communistes, l’union de la gauche a bien été un piège qui s’est refermé quand ils ont tenté d’actualiser le programme commun, puis quand ils se sont retrouvés au gouvernement face au tournant de la rigueur de 1983. Comme le dit brutalement JLM, dans l’union, "le premier qui descend du train est mort..."

Elle propose une analyse bien rapide de la mondialisation capitaliste comme un cadre nouveau pour penser une rupture politique, cadre dans lequel le programme commun était inadapté, car il aurait été pensé pour "un accord possible entre le capital et le travail face aux autres impérialismes". Le nouveau cadre qui bouscule 1981 est pour JLM marqué par la mondialisation financière qui conduit à Thatcher et Reagan, et qui conduirait désormais à un affrontement mondial. Cette partie est peu convaincante, comme si DSK, l’homme du FMI, réfléchissait dans le cadre du capitalisme monopoliste d’état, comme si l’affrontement au monde n’était pas nécessaire avant 1980... L’ambiguïté européenne de JLM se révèle d’ailleurs dans cette tension entre une réponse européenne "protection" contre la mondialisation, ce qui supposerait un accord capital-travail européen, et l’affirmation qu’un tel accord n’est plus possible dans la mondialisation, accord qu’il dénonce dans le choix européiste de 1983, mais qu’il poursuit dans son programme de "filtres européens" face à la mondialisation.

Elle propose une stratégie (un parti, un programme, implication citoyenne) qui fait la critique de l’institutionnalisation du pouvoir de la gauche, réduite à céder en 1983 face au mur de l’argent, ce qui le conduit à la notion de révolution citoyenne. Cette stratégie qui se présente aussi dans la continuité du choix communiste de l’union en 1965, reste dans le cadre d’une démarche électorale qui vise à créer les conditions d’un nouveau 1981, tirant les leçons de 1983... De ce point de vue, le parti communiste, dont les directions successives ne pensent et ne décident qu’en fonction des élections, est mal placé pour le critiquer...

Elle situe le parti socialiste d’aujourd’hui comme cette part du PS qui depuis toujours cherche le compromis à droite, celle de Defferre, mais aussi de Mauroy, Royal, Hollande, DSK, Le Drian, Rocard... A noter qu’il ne dit rien de la guerre d’Algérie, rien du rôle du parti socialiste ou de la SFIO dans le colonialisme, que son histoire de la gauche commence avec le choix du PCF de soutenir Mitterrand en 65... Il y a donc un grand absent, un impensé de ce bilan, c’est 1920 et ce qui fonde la contradiction entre socialistes et communistes... JLM assume d’avoir contribué à l’objectif Mitterrandien de faire reculer le parti communiste, et s’il veut dénoncer 1983, c’est bien pour défendre la "portée" sociale de 1981 et de ce qui l’a construit, la démarche du programme commun.

D’un côté, face au mur de l’argent, il propose la révolution citoyenne, mais le rappel que 68 se termine par la victoire électorale de la droite conduit à affirmer que le mouvement social est aveugle sans une issue politique, comme si le problème n’était pas justement dans la capacité propre du monde du travail à se projeter comme force dirigeante, donc comme force politique, et que l’union ne peut être qu’un moyen de ce que les communistes appelaient "dictature du prolétariat" et qui veut dire au fonds justement ce que JLM pointe, comment le peuple impose sa force au mur de l’argent... Autrement dit, oui, il faut un parti, un contenu, un rassemblement, mais dirigé par qui et pour quel projet de société ?

On comprend dans cette référence à Mitterrand pourquoi JLM consacre tous ses efforts à l’élection présidentielle, pourquoi au fonds, il ne s’est rien passé ou presque entre 2012 et 2017 pour lui, pourquoi son parti a surtout cherché des alliances à géométrie variable pour gagner des élus locaux, sans contribuer à l’effort d’organisation politique dans le mouvement social, pourquoi il doit inventer une nouvelle machine électorale avec les insoumis, comme Mitterrand avait fondé le PS d’Epinay pour organiser sa prise en main de l’union de la gauche...

On peut remercier JLM pour nous faire revivre cette histoire, nous aider à en revenir aux sources, au choix du parti communiste de 1965 et à ses conséquences. Il nous aide ainsi à revenir au fonds de la question "parti et rassemblement", pour inventer d’autres formes politiques d’organisation populaire, loin de l’accord de sommet de 1972, loin de l’illusion populaire béate de 1981, et de son échec...

Car c’est bien là qu’on mesure le mieux en quoi JLM, continuateur de Mitterrand, est une impasse pour les communistes, même s’il peut être un allié conjoncturel. Quand il tente de nous convaincre que 1981 est un progrès social historique, il se coupe du monde du travail qui a ressenti avec violence 1981 comme un échec terrible, levier de la pédagogie du renoncement, de l’affaiblissement syndical et politique du monde du travail, creuset de la crise institutionnelle et politique qui aboutit à l’impasse de la gauche en 2017.

Il est cependant normal qu’un socialiste cherche un bilan raisonné de 1981... Aux communistes de faire le bilan raisonné de 1965, et de leur choix stratégique de l’union de la gauche.

Pam.

 

 Conférence de Jean-Luc Mélenchon à l’Assemblée nationale, prononcée le 9 mai 2011, à l’occasion du 30e anniversaire de l’élection de François Mitterrand, le 10 mai 1981. Suite...

Ce n’est pas l’Otan mais la gauche qui est « obsolète ».

 Des voix influentes de la gauche européenne se sont unies à la protestation anti-Trump « No Ban No Wall », en cours aux Etats-Unis, oubliant le mur franco-britannique de Calais en fonction anti-migrants, et taisant le fait qu’à l’origine de l’exode de réfugiés il y a les guerres auxquelles ont participé les pays européens de l’Otan.

On ignore le fait qu’aux Etats-Unis le bannissement bloque l’entrée de personnes provenant de ces pays – Irak, Libye, Syrie, Somalie, Soudan, Yémen, Iran- – contre qui les Etats-Unis ont mené pendant plus de 25 ans des guerres ouvertes et secrètes : des personnes auxquelles ont été jusqu’à présent concédés les visas d’entrée fondamentalement non pas pour des raisons humanitaires, mais pour former aux Etats-Unis des communautés d’immigrés (sur le modèle des exilés anticastristes) servant les stratégies étasuniennes de déstabilisation dans leurs pays d’origine. Les premiers à être bloqués et à intenter une class action (recours collectif) contre le bannissement sont un contractor (mercenaire) et un interprète irakiens, qui ont collaboré longtemps avec les occupants étasuniens de leur propre pays.

Tandis que l’attention politico-médiatique européenne se focalise sur ce qui se passe outre-Atlantique, on perd de vue ce qui se passe en Europe. Le cadre est désolant.

Le président Hollande, voyant la France doublée par la Grande-Bretagne qui récupère le rôle d’allié le plus étroit des EU, se scandalise de l’appui de Trump au Brexit en demandant que l’Union européenne (ignorée par cette même France dans sa politique étrangère) fasse entendre sa voix. Voix de fait inexistante, celle d’une Union européenne dont 22 des 28 membres font partie de l’Otan, reconnue par l’Ue comme « fondement de la défense collective », sous la conduite du Commandant suprême allié en Europe nommé par le président des Etats-Unis (donc maintenant par Donald Trump).

La chancelière Angela Merkel, alors qu’elle exprime ses « regrets » » au sujet de la politique de la Maison Blanche envers les réfugiés, dans son entretien téléphonique avec Trump l’invite au G-20 qui se tient en juillet à Hambourg. « Le président et la chancelière – informe la Maison Blanche – s’accordent sur l’importance fondamentale de l’Otan pour assurer la paix et la stabilité ». L’Otan, donc, n’est pas « obsolète » comme avait dit Trump. Les deux gouvernants « reconnaissent que notre défense requiert des investissements militaires appropriés ».

Plus explicite la Première ministre britannique Theresa May qui, reçue par Trump, s’engage à « encourager mes collègues les leaders européens à acter l’engagement de dépenser 2% du PIB pour la défense, de façon à répartir la charge plus également ».

Selon les données officielles de 2016, seuls cinq pays Otan ont un niveau de dépense pour la « défense » égal ou supérieur à 2% du PIB : Etats-Unis (3,6%), Grèce, Grande-Bretagne, Estonie et Pologne. L’Italie dépense pour la « défense », selon l’Otan, 1,1% du PIB, mais est en train de faire des progrès : en 2016 elle a augmenté sa dépense de plus de 10% par rapport à 2015. Selon les données officielles de l’Otan relatives à 2016, la dépense italienne pour la « défense » se monte à 55 millions d’euros par jour. La dépense militaire effective est en réalité beaucoup plus élevée, étant donné que le budget de la « défense » ne comprend pas le coût des missions militaires à l’étranger, ni celui d’armements importants, comme les navires de guerre financés avec des milliards d’euros par la Loi de stabilité et par le Ministère du développement économique. L’Italie s’est en tous cas engagée à porter la dépense pour la « défense » à 2% du PIB, c’est-à-dire à environ 100 millions d’euros par jour.

De tout cela la gauche institutionnelle ne s’occupe pas, pendant qu’elle attend que Trump, à un moment libre, téléphone aussi à Gentiloni .

 Manlio DINUCCI 

Petit récapitulatif des salaires bruts perçus par les hommes politiques français.

Conseiller régional: entre 1 500 € et 2 500 €.

Député : 7 100 € et 5 800 € de frais de mandat.

Ministre : 9 940 €.

Secrétaire d’Etat : 9 443 €.

Député européen : 7 956 € + 4 299 € de frais généraux.

Sénateur : 7 100 € et 6 000 € de frais de mandat.

François Hollande – 14 910 €

Cela correspond à environ 12 696 € nets, mais n’oublions pas que l’homme politique bénéficie également d’avantages comme le logement de fonction, la voiture de fonction (avec chauffeur en prime), le coiffeur,….

Jacques Chirac – 30 000 €

10 572 € de retraite en tant qu’ancien Président de la République et ancien député de Corrèze.

5 000 € en qualité d’ancien conseiller général et ancien maire de Paris.

2 900 € en qualité d’ancien membre de la Cour des comptes.

Nicolas Sarkozy – 22 150 €

Ancien mandat de Président de la République (5 250 €), ancien député (1 900 €), ancien maire et ex-président du Conseil départemental (2 000 €) et membre du Conseil Constitutionnel (12 000 €).

Valery Giscard d’Estaing – 30 000 €

Ancien Président de la République (5 250 €), Député (5 322 €), Maire et Conseiller départemental (5 000 €), secrétaire d’Etat (2 900 €), et membre du Conseil Constitutionnel (12 000 €).

 

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