A propos de Mélenchon et des échanges qu’il provoque.

Personnellement je ne ferai pas chorus contre Mélenchon, ce n’est pas le problème, ni la question. Je laisse cela aux communistes qui pensent qu'avoir l'esprit de parti c'est défendre envers et contre tous le soldat Ryan (Pierre Laurent). Après tout c'est quand même lui qui a été l'adoubé. Cela ne sert à rien de pleurnicher, il ne fallait pas le mettre sur un piédestal. Pour moi être communiste c’est d’abord être un rebelle, y compris à l’égard de soi-même. Ce qui ne va pas sans le risque de se tromper, mais je préfère cela au suivisme dévastateur.

Pour ce qui est des questions internationales Mélenchon est infiniment (et c'est un euphémisme) plus cultivé, plus cohérent que les dirigeants du « PCF », dirigeants qui nous ont produit un communiqué sur la Syrie qui est un véritable acte de soumission à la doxa occidentale. Heureusement rattrapé par la digne déclaration des députés communistes qui sauvent l’honneur.

Mais là s’arrête, pour moi, ma « proximité » avec Mélenchon. Il n'y a pas, il ne saurait y avoir de démocratie qui ne soit pas totalement souveraine. Un pays qui ne maitrise pas sa création monétaire n'est, de fait, plus un pays souverain. Et devient donc un pays où la démocratie est un mot vide de sens ET là JLM me laisse totalement sur ma faim.

Il rend de fait, TOUTES ses propositions totalement démagogiques puisqu’inapplicables faute d'être un état souverain dans une nation souveraine.

En un mot il n'y a pas de démocratie sans souveraineté, c'est à dire sans notre capacité à décider ICI et maintenant ce qui nous convient ou pas.

C'est même la condition première pour développer des coopérations mutuellement avantageuses. Aucune coopération n'est possible sans souveraineté. On ne pourra pas ne pas réfléchir, pour nous doter de nouveaux instruments de régulation des échanges. Naviguer dans un océan en tempête tout hublot ouvert ne peut que nous conduire au naufrage. Quand on met en concurrence, à un tel niveau de violence, les hommes entre eux, les uns contre les autres, Ils finissent toujours par se foutre sur la gueule. La guerre est au bout du chemin.

Ces remarques valent tout autant sinon plus pour la stratégie que porte l’exécutif du PCF. NON deux fois NON, les attaques de la direction du PCF contre Mélenchon n'ont qu’un objectif pour ceux qui les utilisent : se défausser de leurs propres carences et renoncements. C'est trop facile de dire c'est la faute à l'autre, comme des gamins de maternelle. Comme un viatique pour échapper à ses propres responsabilités, au devoir de rendre des comptes, de produire un bilan dénué de concession.

Ce n'est pas Mélenchon qui porte en responsabilité une stratégie qui depuis le congrès de Martigues produit des échecs à répétition. La direction, enfermée dans son autisme, contre tout principe de réalité, poursuit dans une stratégie à l'italienne qui ne peut que nous conduire à la fosse commune, si les communistes n'entrent pas en rébellion en renonçant à sauver le soldat Ryan. Arrêtons de tailler des costars à Mélenchon, soyons avec le monde du travail dans les luttes, auprès d'eux, avec eux et portons des propositions qui sortent du cosmétique, du genre nous avons des propositions, sans jamais les décliner.
Défendons la Paix menacée par le triumvirat des irresponsables, les Etats-Unis et ses vassaux G.B et France, retrouvons notre place aux côtés des autres partis communistes.

Sortons du marigot social-démocrate dans lequel nous sommes embourbés, englués. Si nous voulons doubler JLM, doublons-le par la gauche, par la droite nous n'avons aucune chance.

Bernard Trannoy

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