Enseignements des législatives partielles de janvier 2018

 

Suite aux législatives partielles du Territoire de Belfort et du Val d’Oise, Mélenchon analyse : « À Belfort, la tonalité ‘gauche rassemblée’ était revendiquée par le MRC qui nous soutenait sur ce thème. Il a fonctionné comme un rayon paralysant, gelant en partie les votes dégagistes que nous devions mobiliser. […] Dans le Val d’Oise, c’est le contraire, chacun allait pour soi, pas de tambouille : ce fut un facteur entraînant » .

L’analyse de Mélenchon ne s’appuie pas sur les chiffres mais cherche à justifier une stratégie malgré les chiffres.

1/ Il n’y a pas de « facteur entraînant » dans le Val d’Oise. Il y a 80 % d’abstention et la stratégie du cavalier, censée la diminuer, ne l’a pas réduite.

2/ Quel que soit le critère retenu, le résultat à Belfort avec une alliance est supérieur à celui de Fi seule, même si c’est de peu. Par ailleurs, à la différence du Val d’Oise, le candidat LR de Belfort a fortement mobilisé son électorat. Il a retrouvé 96% des voix de juin, d’où son score à 39% qui fait baisser mécaniquement les pourcentages de tous les autres candidats. A supposer qu’il ait fait face au même phénomène d’abstention que son collègue du Val d’Oise (55% des voix de juin) la candidate Fi aurait été à 15%.

3/ 3ème devant le FN ? Certes. Mais il y a un « mais ». A Belfort, 2 candidats d’extrême droite (FN et Patriotes) et dans le Val d’Oise, 3 (FN, Patriotes, Parti de la France). Contre 1 à chaque fois en juin 2017. Il y a une recomposition à l’extrême droite qui entrave ce camp pour le moment.

4/ L’unité sans contenu politique ne suffit pas, évidemment. Mais, le dégagisme n’a pas fonctionné (sans doute parce que le dégagiste en chef est actuellement président).

5/ Il faut un rassemblement sur un contenu politique fort. Pas un programme de 100 pages, réservé aux plus militants, mais 2 ou 3 propositions de ruptures avec l’ordre économique actuel popularisées sur la durée.

6/ Faute d’alternative crédible (la Fi n’a pas été cette alternative), les seconds tours opposent LREM et LR. La victoire de ces 2 formations est écrasante au premier tour. Le vrai problème est que la gauche est partout en dessous de 20 %. Elle n’a jamais été aussi faible de son histoire.

Il est temps d’en finir avec les divisions et les vexations inutiles qui nous éloignent d’une perspective majoritaire.

PCF Doubs

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